Portrait : Matuidi, c’est vraiment (très) fort

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C’est l’histoire d’un mec bien. Un mec, qui, saison après saison ne cesse de progresser. Un mec à la progression incroyable et qui arrive à garder les pieds sur terre. Ce mec c’est Matuidi. À 25 ans seulement, il s’assume. Assume sa vie, ses passions et ses goûts prononcés pour la Playstation, un peu, et pour la mode, surtout.

Joueur talentueux, il est aujourd’hui le pilier de l’Equipe de France et un des chaînons indispensables au PSG. En moins de 10 ans, il est passé de la deuxième division avec Troyes, au Chaudron de Saint-Étienne, avant de découvrir cette année la C1 avec le club de la capitale. Bluffant.

Blaise Matuidi, dit « La pieuvre », est un natif de Toulouse qui s’installe en région parisienne en 1993. Avec des parents d’origines angolaise et congolaise, il s’installe à Fontenay-sous-Bois. « J’étais un gosse de quartier, issue d’une famille modeste même si on ne manquait de rien« , explique t-il. Quelques mois seulement après son installation, Matuidi tape déjà dans ses premiers ballons. Le Club Olympique Vincennois, L’US Créteil et l’INF Clairefontaine sont ses premiers clubs. À l’âge de 15 ans, alors qu’il joue pour Clairefontaine, l’OL lui fait (déjà) les yeux doux. Le milieu français privilégie cependant Troyes et son entraîneur, Jean-Marc Furlan, pensent qu’il aurait l’occasion de faire ses preuves plus rapidement dans l’Aube.

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Le jeune gaucher fait ses débuts le 23 novembre 2004 alors qu’il n’a que 17 ans. Furlan le lance face à Gueugnon, et déjà, son coach est séduit. « J’étais admiratif, avoue t-il. Malgré son jeune âge, il possédait déjà cette science du football« . Pour sa première saison, il participe à 3 rencontres et son club termine sur la troisième marche du podium. Un classement synonyme de montée en Ligue 1, où il joue ses premières minutes le 30 juillet 2005, lors de la première journée contre Nice. (1-1). 6 mois plus tard, il inscrit son premier but face à Lille. Et déjà, il suscite l’intérêt des plus grands. L’AC Milan se renseigne, alors que les spécialistes le comparent rapidement au grand Makélélé. Le coach troyen se souvient : « c’était un grand timide. Mais, la fatigue n’avait déjà pas d’emprise sur lui« . Une qualité « hors du commun », qui lui permet de jouer 31 rencontres pour sa première année en Ligue 1.

L’année qui suit, le jeune Blaise dispute 3 rencontres supplémentaires (34 au total), pour 3 réalisations. Joueur cadre du milieu troyen, il n’empêche malheureusement pas la descente de son club à l’étage inférieur. Toutefois, pas question de retourner « en-bas ». Alors âgé de 21 ans, il signe dans le Forez pour un peu plus de 5 millions d’euros. Laurent Roussey, Alain Perrin mais surtout Christophe Galtier font de Matuidi la pièce maîtresse de l’entrejeu stéphanois. L’entraîneur actuel des verts confirme : « À Saint-Etienne, on savait tous qu’il avait un énorme potentiel. On était également sûr de son état d’esprit, de ses qualités mentales et athlétiques. » Pour preuve, dès la saison 2007-2008, alors sous les ordres de Roussey, il s’impose comme titulaire indiscutable aux côtés de Landrin. Avec 37 matchs toutes compétitions confondues, Blaise séduit. À l’intersaison, Arsenal s’intéresse à lui. Il hésite. « Je m’étais déjà posé pas mal de questions la première année quand Arsenal avait manifesté son intérêt. L’opportunité de rejoindre une telle équipe n’est pas ordinaire et ça vous rend fier de vous-même. Je n’avais pas discuté avec Arsène Wenger et je n’en veux pas à Saint-Étienne de m’avoir retenu. »

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Matuidi résiste aux sirènes londoniennes, et devient même capitaine des verts à partir de la saison 2008-2009. Une deuxième saison plus compliquée pour le club, puisqu’il assure son avenir dans l’élite lors de l’ultime journée et une victoire probante contre Valenciennes (4-0). Le milieu stéphanois, découvre la Coupe UEFA (9 matchs), et le chemin des filets avec St-Étienne en marquant deux buts décisifs en championnat. L’année suivante est assez similaire. Les verts tanguent à nouveau et manquent de descendre en Ligue 2. Matuidi se montre toujours aussi infatigable et dispute de plus en plus de minutes chaque saison. Cette fois, il prend part à 41 rencontres pour un but en championnat. La fin n’est cependant pas très joyeuse. Une altercation avec Payet se produit lors de 37ème journée sur le terrain. Refusant les critiques de sont capitaine, l’attaquant français tente de le frapper. Rapidement séparés par leurs partenaires, les deux hommes ne s’en tiendront pas rigueur. Matuidi met maintenant ça sur le compte « du manque de maturité. »

Pour sa quatrième saison dans la Loire, il participe à 39 oppositions, dont sa première chez les bleus, contre la Bosnie. Laurent Blanc est à l’époque séduit par « l’enthousiasme et le talent » de Matuidi. Aujourd’hui, l’ex sélectionneur raconte : « Quand j’ai lancé Matuidi en Equipe de France, tout le monde s’est moqué de moi. Et puis il s’est imposé comme un des piliers de la sélection. Quand il fallait établir ma liste, son nom apparaissait toujours dans les premiers. Blaise a toutes les qualités. C’est un travailleur hors du commun. Il est irréprochable au niveau de l’état d’esprit. Qu’il soit titulaire ou appelé à entrer en cours de match parce qu’on est dans l’embarras, on peut compter sur lui. »

Blanc n’est d’ailleurs pas le seul à être sous le charme du charismatique Matudi. Au mercato estival, Le PSG, l’AS Rome, mais aussi Arsenal, Newcastle et Liverpool lui font les yeux doux. Le milieu international choisit finalement le club de la capitale où il signe pour trois saisons. « Le projet du PSG va me permettre de franchir un pallier, expliquait-il à son arrivée. C’est une grande satisfaction. Paris peut jouer les premiers rôles et être devant en Europe« . Promis à cirer le banc, il s’est alors dit « Blaise, faut que tu montres que, toi aussi, t’as des qualités à faire valoir. Il y a de la concurrence? Normal, t’es dans un grand club et c’est ce que tu voulais« . Comme à son habitude, à force de volonté et de détermination, il s’est imposé dans le collectif parisien, devenant au fil des matches un titulaire indiscutable. Souvent associé à Motta ou Sissoko, il marque sous ses nouvelles couleurs le 6 mai 2012 à Valenciennes (3-4). Malheureusement, ses 35 matchs toutes complétions confondues n’y font rien, Paris échoue derrière Montpellier, offrant le titre de champion aux héraultais. Sans cacher sa déception, il explique : « C’était une vraie frustration. On aurait pu mieux faire cette année là« .

La rage au ventre, il démarre l’exercice 2012-2013 sur les mêmes bases. Dans le 4-3-3 des premiers mois, il est titularisé entre Verrati et Chantôme au milieu. Le trio parisien est loué par les journalistes et surtout par leur coach, Ancelotti.

Le tournant de sa saison, Matudi le doit sûrement à son match avec l’Equipe de France en octobre, contre l’Espagne (1-1). Avec 10 interceptions, il porte quasiment à lui tout seul les bleus vers le point du nul. La presse est sous le charme, et le numéro 14 parisien juge ce match comme « le plus beau de sa carrière ». Furlan, son entraîneur à Troyes analyse : « petit à petit, il avait mis les espagnols à l’envers, c’était exceptionnel ! ».

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De retour dans son club, il explose dans le 4-4-2 que met en place Ancelotti après la crise de novembre. Véritable chaînon de la colonne vertébrale Sirigu-Silva-Motta-Ibrahimovic, il a un rôle décisif dans les 2 mois et demi d’invincibilité du club parisien. Matuidi « s’éclate » et se découvre un rôle de buteur (déjà 5 buts) : « j’ai pris l’habitude de me projeter vers l’avant. Les buts m’ont fait pousser des ailes. Les entraîneurs me le reprochent parfois. » Ancelotti confirme, « Parfois pendant un match, je lui dis de rester plus en position, devant la défense, pour ne pas déséquilibrer me bloc« , mais reste réaliste sur le talent de son joueur « aujourd’hui, il est aussi indispensable au PSG qu’Ibrahimovic ou Thiago Silva. Dans quels domaine peut-il progresser ? C’est difficile pour lui de s’améliorer, car il est déjà très, très bon. C’est un des meilleurs en Europe. »

À 10 jours de souffler ses 26èmes bougies, il vient de disputer son cinquantième match hier contre Montpellier. Avec 29 matches de L1, 8 matches de Ligue des champions, 5 matches de coupes nationales et 8 matches avec les Bleus, Blaise Matuidi a déjà passé cette saison 3992 minutes sur les terrains. Les rencontres se suivent, et les bonnes performances avec. Au point de devenir le meilleur à son poste ? « C’est juste une question de temps« , pour Ancelotti. Seul le futur dira jusqu’où il peut aller. Mais il évolue dans un club de très haut niveau, et c’est un garçon qui a tout pour réussir. Galtier avoue également « quand je lis qu’il est l’un des éléments les plus importants du PSG, avec la modestie qui en incombe, on est fier. » Son père aussi est fier, il est même « bluffé ». Mais là encore, Matuidi reste humble et même si les douleurs ou la fatigue viennent le titiller, il ne se plaint pas. « On me donne la chance de jouer. Alors je me dis toujours : « Blaise, ferme ta bouche même si t’es fatigué! »  »

Ses valeurs et son mental incroyable l’ont porté jusqu’ici. Le « Chewing-gum » a déjà quelque chose de grand. Le « Mister Ancelotti » conclut, « il lui manque encore de l’expérience, celle des matchs de très haut niveau. Les rencontres de Ligue des Champions face à Barcelone, ou encore France-Espagne sont pour lui, j’en suis convaincu« .
Ça tombe bien, mardi soir les catalans se déplacent au Parc des Princes. L’occasion de (se) prouver qu’il est bien un des meilleurs à son poste ? Sûrement.

Tom Masson.

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