Récit d’un match au Camp Nou : Gamper 2014 – FC Barcelone / Club Léon

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© Tom Masson

 

Lundi 18 août, les horloges de la Place Catalunya sonnent tout juste midi, lorsque je sors du métro pour la première fois. Comme une journée on ne peut plus habituelle, le soleil rayonne tandis que les nombreux touristes – dont je fais à ce moment partie – se mélangent aux catalans en foulant les pavés noircis des Ramblas barcelonaises. Si les vendeurs de souvenirs n’ont pas bougé de leurs kiosques, la rotation des artistes de rues durant quelques heures ne laisse personne indifférent. Les statues vivantes fascinent toujours autant les gamins qui passent, et les derniers portraitistes commencent à s’installer, chevalet et pinceaux à la main. Une journée banale, en somme, dans la toujours plus belle capitale de la Catalogne.

Pourtant, il y’a cette chose indescriptible, ce petit truc que je n’avais pas ressenti la veille en passant au même endroit. Une sorte d’ambiance exaltante et terriblement stimulante. Et il me paraît alors assez compliqué de ne pas la ressentir. Car le soir-même, le FC Barcelone disputait sa première rencontre de la saison. Et trophée amical ou pas, même à plus de 5h du coup d’envoi, une excitation complètement folle semble traverser la ville, pendant qu’une personne sur trois porte sur son dos un maillot blaugrana.

Plus l’heure tourne, plus les mythiques couleurs rouges et bleus du club catalan se font nombreuses. L’heure tourne, juste le temps pour moi de repasser au plus vite à l’hôtel, enfiler mon maillot de Xavi et de repartir dans l’autre sens, jusqu’à Badal, station de métro de la Ligne 5 qui est censée me déposer au plus près du stade.

Le chemin pour gagner l’accès 54 de l’arène barcelonaise m’est familier, je l’avais déjà emprunté il y’a de ça 3 ans, mais je m’étais alors ‘contenté’ de visiter le stade. Plus ma destination finale diminue, plus j’essaie d’imaginer le film de ce que sera mon premier match à l’étranger, qui plus est au Camp Nou. Je me surprends alors à souhaiter voir Messi faire trembler les filets pour la première fois de l’année, aduler Suarez lorsqu’il foulera ses premières distances sous son nouveau maillot, mais surtout – et c’est sans doute le plus important – rêver.

 

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© Tom Masson

 

Mon portable affiche 18h44 quand je franchis les tourniquets du Stade. Nous sommes à deux heures du coup d’envoi et la grande majorité du public est – à cet instant précis – plutôt familial. Une fois en haut, la vue depuis la porte 426 est saisissante. Le coucher de soleil est somptueux et vient caresser les parties supérieures des tribunes hautes du stade. Même si l’enceinte est encore remplie au cinquième de sa capacité, la ferveur et l’âme qui s’y dégage laisseraient presque sans voix.

Pendant près d’une demie heure, une fois ma place trouvée, la douzième du rang 12, j’alterne entre photos avec mon téléphone et moments de passivité, histoire de regarder et de mémoriser pour longtemps chaque recoins d’un stade que je compare au Mont Olympe du football. Il ne me reste plus qu’une heure à attendre lorsque des festivités et des animations d’usage sont annoncées pour lancer sur les meilleurs rails possibles la nouvelle saison du Barca. Lors de la présentation des joueurs, entre feux d’artifices et déroulés de drapeau catalans, Messi, Xavi et Iniesta ont pu voir que leurs divers parcours à la Coupe du Monde n’avait en rien grignoté leur côte de sympathie. Mention spéciale pour Luis Suarez et Luis Enriqué, les deux nouvelles têtes majeures de l’été qui ont fini en tête de l’applaudimètre. Sinon, les deux-trois porteurs de drapeaux qui ont lamentablement glissé lors de leur numéro ont, eux-aussi, eu droit à leur minute de gloire. Pas forcément la même, mais qu’importe.

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© Tom Masson

 

20h26, l’hymne du FCB, le Tot el Camp reconnaissable entre mille, résonne pour la première fois de la soirée. Accompagné des frissons qui vont de paire. Pour mon premier match hors de France, l’émotion commence – vraiment – à se faire sentir. Avant le coup d’envoi, le vibrant hommage offert à Rafael Marquez, ancien défenseur du club catalan, ne fait que renforcer une effervescence devenue palpable au fil des minutes. Messi – Neymar lancent la 49ème édition du Trophée Joan Gamper et, rencontre amicale ou pas, je suis tout simplement ébloui par ce que j’ai sous les yeux. Au bout d’un quart d’heure, le FCB mène déjà 2-0, grâce à des réalisations de Messi et de Neymar et lance à merveille « La Fiesta Del Gamper ». Pourtant, le soufflet va vite retomber, et il faudra quelques tentatives de chants et de olas pour rendre cette première MT un peu moins insipide, bouclée par une dernière réalisation de la pépite brésilienne, très en vue lors de ses 45 minutes de jeu.

En seconde période, Luis Enriqué va logiquement faire tourner et offrir un maximum de temps de jeu à une grosse partie de son effectif, dont Suarez. L’ovation offerte à l’uruguayen par le Camp Nou est on ne peut plus poignante, et si El Pistolero ne s’est pas illustré plus que ça sur la pelouse, la soirée blaugrana lui aura sans doute permis de prendre conscience de l’attente qui repose sur ses épaules à présent. Reste que deux jeunes, Munir (par deux fois) et Sandro en toute fin de match, ont clos de la plus belle des manières une première soirée qui n’en demandait pas moins (6-0). Avec 70000 spectateurs présents (pour une rencontre amicale !), le Camp Nou a vibré par moments (beaucoup) mais aura aussi connu quelques moments de flottements, symbolisés par le jeu terne des blaugranas durant une trentaine de minutes. Mais au final, l’ambiance aura été suffisamment correcte pour rendre merveilleuse la soirée catalane. Et je n’en demandais pas tant.

 

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© Tom Masson

 

Une remise de Trophée plus tard, au cours de laquelle Messi reçut également le titre de meilleur joueur du match, deux supporters catalans placés derrière moi commencent leur débriefing. Un « cette année on récupère notre titre de champion » arrive jusqu’à moi, rapidement suivi par « avec Neymar, Suarez et Messi on sera intouchables« . Optimisme non mesuré ou réelles ambitions, je ne le saurai probablement jamais. Reste qu’en retentissant une ultime fois, El Cant Del Barça a signé la fin d’une première particulièrement réussie et au combien magique. Et s’il faudra attendre la fin de la saison pour savoir si ces supporters avaient raison, je peux quand même annoncer sans prendre trop de risques, que cette rencontre loin de Paris était la première d’une longue série.

Tom Masson
En direct du Camp Nou

Mentions spéciales à Denis et Théo pour cette soirée inoubliable !

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