Édito : Paris, par amour du foot 

A l’issue d’une rencontre magistrale, le Paris Saint-Germain est parvenu à arracher un billet historique pour les 1/4 de la Champions League après son huitième de finale retour face à Chelsea (2-2, a.p.). Retour sur une soirée magique.

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Thiago Silva, ému aux larmes, au moment de qualifier le PSG pour les 1/4 de finale

 

Si le club de la capitale n’y avait plus écrit son nom en lettres d’or depuis ses plus belles années, il n’est pas impossible que l’exploit réalisé hier lui fasse retrouver une place de choix au Panthéon du Sport français. En allant un peu plus loin, on ne risquerait d’ailleurs pas grand-chose en affirmant avec certitude que ce PSG-là vient de rentrer dans l’histoire pour un bon moment. Entre intensité, émotion, suspense, spectacle, rythme et surtout performance, les parisiens nous auront offert un huitième de finale retour exceptionnel, au-delà même de ce qu’on aurait pu imaginer dans nos rêves les plus fous.

Dans leur route vers les étoiles, les parisiens ont été tout bonnement gigantesques. Bien obligés de sortir leurs tripes pour s’offrir le droit de rêver, ils ont surtout dû lutter corps et âme face à une pluie d’événements défavorables dans un contexte odieux et insupportable. Réduits à 10 après l’exclusion d’Ibra à la demie heure de jeu, les parisiens ont également dû avoir les nerfs solides face aux tentatives d’intimidations et provocations délibérées d’un adversaire qui aura continuellement refusé le jeu pendant 120 minutes (+ 90 si on y ajoute leur honteux match aller). Ces coups bas, matérialisés par un Diego Costa aussi détestable que méprisable et un José Mourinho qui aura passé une grande partie de sa soirée à polémiquer sur chaque décisions arbitrales, n’ont d’ailleurs jamais été très loin d’être fructueux. Même plus, elles nous auront longtemps fait croire que la supercherie des Blues et de leur coach viendrait une nouvelle fois à bout de rouges et bleus plus généreux que jamais.

Mais la rencontre d’hier n’avait rien de commun (ou presque) avec la défaite pleine de remords de l’an passé. Car cette année, les parisiens ont livré un vrai combat. Un combat d’hommes, ni plus ni moins. Provisoirement éliminé par deux fois, après le but de Cahill (81ème) et celui d’Hazard au début de la prolongation (94ème), le PSG ne s’est pourtant jamais démobilisé, jamais déconcentré et surtout jamais découragé, même quand Costa aurait mérité de prendre un rouge pour la troisième fois de la rencontre, même quand le banc des Blues commençait à fêter la victoire après l’ouverture du score.

Il a même démontré tout le contraire en faisant l’étalage de ressources morales hors normes, pourtant encore insoupçonnées avant le coup d’envoi. L’égalisation puissante d’une tête pleine de rage de David Luiz à 4 minutes du terme en est la preuve concrète : touché, mais jamais coulé. Et les parisiens, en infériorité numérique – rappelons-le -, se sont offerts le droit d’aller chercher des prolongations au combien méritées. Un moindre mal, si je puis dire tant la domination écrasante des hommes de Laurent Blanc sur l’ensemble des deux matches aurait logiquement dû permettre à Paris d’obtenir une qualif bien plus facile. Mais qu’importe, l’histoire en ressort bien plus belle.

Rapidement mené, et donc une nouvelle fois  potentiellement sorti de la LDC dès le début des prolongations, c’est à ce moment précis que le PSG a choisi d’enfiler pour de bon son costume de justicier, histoire de défendre la beauté de ce sport et de ses émotions face à un adversaire si abject. Histoire également de rappeler qu’avec un peu d’espoir, une poignée de talent et beaucoup de cœur, on peut réaliser de grandes choses. Coupable de la faute de main responsable du penalty des blues, c’est – comme un symbole – de son capitaine si décrié depuis le début de la saison que vont arriver les étoiles. Une tête lobée aux apparences éternelles qui récompense tout le mérite de cette équipe héroïque et grandiose en déplacement à Stamford Bridge. Le destin basculait enfin, Paris venait de se qualifier, au bout du suspense, mais surtout au bout de lui-même.

De cette soirée si intense ressort probablement un peu plus qu’une simple qualification pour le tour suivant de la C1. Des larmes de joie et des scènes de liesse du banc parisien découlent surtout une émotion gigantesque qui tendent à [me] rappeler (si tant est qu’il soit possible de l’oublier) pourquoi ce sport est si particulier mais surtout si merveilleux. Car ce sont avant tout à travers ces matches-là, grâce à ces performances immenses, mais surtout pleines d’émotions, que le football parvient à nous raconter et à nous délivrer ses plus belles histoires. Et tout prête à dire que l’exploit du PSG a incontestablement quelque chose de très grand. Par amour du foot, sans doute.

Tom Masson 

@MassonTom1

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