Édito : Le jour d’y croire est arrivé

Ce soir, à 21 heures, toutes les rues de chaque ville de France devraient paraître étrangement vides. Le temps d’un match, de 90 minutes lunaires qui pourraient, à coups sûrs, tout changer. Ce soir, l’Équipe de France a rendez-vous avec son destin, accompagnée de 67 millions de français qui, eux, seront là. Avant, peut-être, de basculer dans une hystérie collective, probablement plus vécue depuis presque deux décennies.

A view of the action between Germany and France during their UEFA Euro 2016 Semi-final match

Ne salue pas encore, Antoine, ton numéro n’est pas fini (UEFA Credits)

Il y a des matins différents, accompagnés d’un sentiment qui ne s’explique pas. D’une sensation spéciale, qui nous entoure du bas ventre jusqu’à l’esprit. En quelques heures, et depuis jeudi soir, la finale a probablement été jouée plus d’une fois dans l’esprit de celles et ceux qui trépignent et peinent à contenir leur impatience depuis longtemps, trop longtemps. Mais rassurez-vous, « sounds good » ou « parece bom », en portugais, pour être encore davantage à la page, ce sont des bons sentiments. Et c’est surtout bon signe.

Car l’Équipe de France, 32 ans après 1984, 16 ans après 2000, a l’occasion de monter une nouvelle fois sur le toit de l’Europe, et, d’une pierre deux coups, de marquer aux lettres d’or le parcours d’une génération dorée, d’une sélection retrouvée au Panthéon du sport français. Les français aiment cette équipe, les français rêvent de cette équipe, et ils lui rendent bien; en témoigne le soutien indéfectible de tout un pays depuis plusieurs semaines, devenu encore un peu plus fort depuis le 10 juin dernier et ce match d’ouverture face à la Roumanie.

Mais ce soir, au moment où le coup d’envoi de la finale de l’Euro 2016, de notre Euro, sera donné, la saveur sera forcément spéciale pour beaucoup. Pour toute une génération, en fait. Pour ceux qui étaient trop jeunes pour connaître réellement 1998 et 2000, trop déçus par la cruauté du scénario proposé en 2006. Mais aussi pour les autres. Pour la première fois depuis une décennie, une nouvelle occasion de célébrer, ensemble, toutes générations confondues, le sacre d’une sélection française de foot nous est rendu possible. Et rien que pour ça, la saveur est encore un peu plus différente.

6 ans après Knysna, les bleus ont enfin – et définitivement – pansé des plaies tenaces et douloureuses. Reste à sublimer ce parcours si particulier, d’une équipe à nouveau sacrée sur son sol, dans l’arène de ses succès les plus historiques. Il faudra répondre présent, joueurs comme spectateurs et, surtout, ne pas croire que le trophée nous est déjà promis. C’est notre plus grand danger.

Mais dans tous les cas, nos souvenirs seront grands et éternels. Tout le monde se souviendra du programme de cette journée, du t-shirt enfilé et de l’endroit où le match s’est vécu. Reste à connaître les impressions qui les accompagneront. Mais les 11 soldats qui porteront la bannière bleue ce soir, devront répondre au combat. Histoire que frustration et déception ne soient pas envisagés, et laissent place à une excitation et à un enivrement promis en cas de victoire. Mais finalement, quoiqu’il arrive, les bleus auront réussi leur pari. Le soulever donnerait un goût assurément plus intense à nos souvenirs, justement.

Tout ça est notre destin, leur destin. Celui d’une équipe, attaquée par les affaires extra-sportifs et affaiblie par des forfaits déconcertants, qui s’est toujours relevée, même face aux vents contraires, et qui a ce soir l’occasion de donner bonheur et excitation à tout un pays. Oui, la France a connu des heures tristes et moroses ces dernières semaines, mais, aujourd’hui tout semble oublié. Et les français sont bien décidés à de nouveau descendre dans la rue. Mais cette fois, pour des raisons bien plus nobles et enthousiasmantes.

Plus que jamais, tous les excès sont permis, tolérés, voire même encouragés. Cette soirée de l’irrationnel doit nous faire vibrer, nous enivrer et nous exalter. Le temps risque d’être infini, l’attente pénible et les minutes stressantes jusqu’au dénouement, mais les émotions n’en seront que décuplées. La journée sera longue, la nuit risque d’être courte, et le réveil douloureux pour un lundi matin. Mais on s’en fout, tout le monde s’en fout. L’histoire est en marche, celle d’un rêve dingue et ambitieux, à 90 minutes de devenir réalité. Et c’est vraiment tout ce qui compte.

ALLEZ LES BLEUS !

Tom MASSON

@MassonTom1

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