Rien n’a changé. Ou presque…

Depuis l’instauration de la victoire à trois points en France, au milieu des années 90, coachs et présidents, joueurs et supporters, nous ont tous (ou presque  habitué à un adage malheureusement bien trop commun: « l’important c’est les 3 points ». A travers cette nouvelle chronique, je tenterai, jamais loin du terrain, de partager avec vous mes impressions et mes émotions après chaque journée de Ligue 1 histoire de montrer que non, il y a parfois tout aussi important. J’écrirai 38 chapitres, 38 épisodes de ce feuilleton toujours aussi décrié et pourtant si chéri, de cette Ligue 1 à l’omniprésence grandissante dans le quotidien de chacun d’entre nous, passionnés de France et de Navarre.

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Près de trois mois après, le Championnat de France de Ligue 1 a donc repris ses droits, dans une indifférence générale presque totale, au moment où les journaux télévisés de Jean-Pierre Pernault sont polarisés par une actualité étrangement riche, entre les immersions aux grandes chaleurs qui frappent l’hexagone depuis plusieurs jours et les enquêtes sur les premières courses de fournitures scolaires à deux semaines de la rentrée. Avec il faut le dire, au milieu du tout, une once de Jeux Olympiques. Fort heureusement, tout ce manque de sensibilité ne touche guère la grande majorité d’entre nous, ravis par la possibilité de redonner un peu de sens et d’occupation à nos week-ends pour la première fois depuis la fin de l’Euro, sans pour autant être obligé de se taper un match amical contre une pauvre 3ème division, avant, pour les plus courageux, de finir devant Fort Boyard. Du coup, puisque l’important est bien là, le champion en titre parisien rechaussait vendredi soir – pour de vrai, cette fois – les crampons et lançait pour de bon le coup d’envoi une nouvelle saison de Ligue 1, plus excitante que jamais, avec toutefois cette impression que rien n’avait changé. Ou presque.

L’hypocrisie corse au sommet de son art  

Comme il en a toujours eu l’habitude, le Paris-SG a éprouvé de grosses difficultés pour glaner les trois premiers points de sa saison. Mais comme il en a moins l’habitude, puisque la victoire à Lille l’an dernier lors de la première journée mettait fin à une série de 9 ans sans victoire à ce stade de la compétition, les parisiens se sont néanmoins imposé, sur la plus petite des marges, à l’issue d’un match ou le football n’était apparemment pas la priorité de tous. Et pour cause, dès la veille de la rencontre, l’entraineur bastiais François Ciccolini avait donné le ton : « On va jouer un peu plus défensivement que d’habitude. On compte se reposer sur nos valeurs : une grande solidarité et une grande agressivité pour récupérer le ballon« . Résultat, comme chaque week-end et ce depuis la remontée du Sporting en première division, la pelouse s’est transformé en champ de bataille, où des bastiais totalement hors-sujet découpait à tout va et ce, sans la moindre retenue.

 

Ce qui est encore davantage problématique, s’est déroulé en tribunes d’abord, puis en coulisses, ensuite. L’incident, vous le connaissez, Lucas, victime d’un coup de hampe de drapeau alors qu’il s’apprêtait à tirer un corner, a été littéralement accusé de « simulation » par tout le club corse, de la communication aux joueurs, des supporters au président. Le nouvel angle de caméra proposé par Canal+ lors de Jour de Foot samedi soir, ne laisse pourtant pas beaucoup de place aux doutes, et rend encore plus grotesque les sorties des corses. Mais si je reviens dessus, c’est que tout ça ne peut plus durer. On ne peut pas à la fois se placer en victime dès qu’un huis-clot est prononcé et proposer le spectacle auquel on a assisté dimanche, auquel on assiste chaque week-end lorsque le club corse joue et auquel on assistera encore longtemps. Un club de première division ne peut pas se le permettre, et doit être lourdement sanctionné, pour de bon. Le ras de bol des joueurs et des observateurs est général et doit permettre de faire bouger les choses. Retrait de points, fermeture de tribunes, que sais-je, mais les 19 équipes qui se déplacent en Corse sont davantage occupés à jouer au foot, et ont ne peuvent s’inquiéter davantage de la viabilité de leur péroné ou de ce qui pourrait arriver des tribunes à chaque instant.

L’EURO 2016 n’a rien changé 

Le scènes de liesse entre supporters auxquelles nous avait habitué l’Euro 2016 semblent bien loin. Et les arrêtés toujours plus grotesques des ministères et des préfectures nous ont ramené à cette dure réalité. Dès vendredi soir d’ailleurs, même si on comprend un peu mieux à posteriori le pourquoi du comment, « toute personne se prévalant de la qualité de supporter du PSG ou se comportant comme tel » était interdite de tout déplacement vers le Corse.

Mais c’est surtout à Nancy que l’excès de zèle s’est fait encore plus aberrant avec, là aussi, un arrêté préfectoral toujours plus ridicule. Fut donc prise la décision d’interdire les abords du stade ainsi que l’ensemble du centre-ville de Nancy aux supporters lyonnais ou se prévalant comme tel. Le résultat est cocasse et même dérangeant : les signes distinctifs lyonnais étant prohibés dans l’enceinte du stade en dehors des 300 supporters encadrés autorisés à se déplacer, bon nombre d’enfants et de famille se sont vus interdit d’accès au stade s’il ne portait pas un t-shirt neutre ou…. aux couleurs nancéiennes ! Nous nageons en plein délire. A la limite, il est possible de concéder que la réduction du nombre de supporters visiteurs est recevable, que des supporters indépendants soient interdits de déplacement. Surtout vu le contexte d’état d’urgence, et encore les excès depuis quelques mois sont difficiles à avaler… Mais empêcher des familles avec des gosses de 10 ans de rentrer c’est un abus évident et un manquement encore plus grotesque à ce que véhicule le foot.

 

Le droit de rêver

J’aurais pu finir cette première chronique par la première sortie d’un OM à l’image de la saison passée, décevant, sans saveur et raccompagné par les sifflets du Vélodrome aux vestiaires. Mais non, cela eut été trop facile. L’écriture positive de ce Championnat a besoin d’un optimiste réel et proclamé et cette première journée a fait du bien, beaucoup de bien. En émotions, déjà, puisque pour chacun, retrouver son club n’est pas toujours une chose aisée, les marseillais savent de quoi je parle, mais peut aussi offrir un bol d’air au moral, les scénarios renversants des messins et des caennais sont pertinents en la matière. Mais cette première journée s’est aussi montrée passionnante en terme de spectacle. Avec la troisième meilleure moyenne de buts lors d’une première journée depuis 10 ans, la saison 2016/2017 démarre sous les meilleurs auspices. Et doit nous offre le droit de rêver. Même sans Ibrahimovic.

Le droit de rêver à une saison passionnante et stressante. Le droit de rêver à un PSG qui ne surclasse pas ses concurrents mais qui, pour autant, parvient à faire mieux que l’an dernier sur la scène européenne. Le droit de rêver à une course à l’Europe plus haletante que jamais et des clubs français qui jouent leur chance à fond, même en Europa League. Le droit aussi, de rêver à une lutte pour le maintien encore davantage indécise. C’est aussi à ça que sert une première journée : à rêver et à espérer. Puisque peu importe les résultats de ce week-end, il reste encore 37 journées et 111 points pour faire mieux ou, au contraire tout aussi bien. Et le classement anecdotique d’un Metz en haut et d’un Saint-Etienne en bas confirme tout ça.

 

A la semaine prochaine,

(N’hésitez pas à me laisser vos avis ou vos impressions sur ce premier numéro. On est encore en rodage mais vos avis me sont toujours intéressants pour améliorer ce qui peut l’être)

Tom MASSON

@MassonTom1

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