Coupe du Monde 2014 : Un mondial (déjà) exceptionnel

En écoutant Fabio Capello avancer que cette édition était « sans doute la meilleure des Coupes du Monde qu’il ait connue, en terme de niveau et de qualité de jeu« , j’ai voulu essayer de m’intéresser d’un peu plus près à ce mondial brésilien; si spectaculaire en buts, en intensité mais aussi et surtout en passion.

 

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Copyright FIFA

 

C’est peut-être le « phénomène Brésil » dont on nous parlait depuis des mois. Comme en 1950 (même si le format était très différent de celui que l’on connait aujourd’hui), l’édition 2014 en terre brésilienne est, une nouvelle fois, particulièrement prolifique en buts. Avec 136 buts au premier tour et une moyenne de 2,8 buts/matchs, cette Coupe du Monde 2014 nous aura offert un premier tour exceptionnel.

L’euphorie des phases de poules passée, avant de se diriger vers un tableau final on ne peut plus séduisant, il reste quand même intéressant de se demander le pourquoi du comment d’une telle pluie de buts lors du premier tour. Décryptage.

 

Un jeu tourné vers l’offensive

Indéniablement, pour marquer des buts, il faut attaquer, je ne vous apprends rien en disant ça. Sauf qu’au Brésil, c’est une philosophie un peu plus poussée que nous ont offert la grande majorité des 32 sélections. En pratiquant un football contraire à celui proposé en 2010, symbolisé par le jeu espagnol (un football de possession, de contrôle, basé sur la multiplication des passes reculées pour avancer), les équipes de cette édition ont semblé libérées et transfigurées dans leur façon de jouer.

Plus de calcul, plus de contrôle, on assiste à un football particulièrement offensif, avec beaucoup de buts et de retournements. Comme Didier Deschamps le confiait en conférence de presse : « On n’est plus dans un football de possession et de calculs. Il n’y a plus de bases mais, au contraire, une liberté totale dans le jeu« .

 

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Copyright FIFA

 

Ainsi, on a davantage le droit à un football d’espaces, un football de libertés, où le danger arrive une grosse partie du temps des ailes. Des latéraux plus offensifs, donc, qui n’hésitent pas à monter, à centrer et à essayer de créer le plus de brèches possibles pour marquer. Une conséquence à cela, il s’est développé dans le même temps un football de contre-attaque. En laissant l’adversaire attaquer, il y’a également une volonté de certaines sélections à céder le ballon pour libérer des espaces et attaquer en contres ensuite.

L’exemple le plus flagrant, le premier match des Pays-Bas contre les Espagnols (5-1) : le premier but de Van Persie illustre l’implication et le côté offensif des latéraux avec la montée décisive de Daley Blind, la latéral gauche néerlandais. Sa merveille de centre, consécutive à sa montée a déstabilisé une défense espagnole, déjà aux abois. Il est encore décisif sur le premier but de Robben, de nouveau sur un centre, dans la continuité d’une contre-attaque rondement menée par le milieu des Oranje. En somme, la déroute espagnole face aux Pays-Bas est surement le précurseur de la philosophie et de la mentalité défendue par la plupart des équipes depuis le début de la compétition : profiter des espaces libérées par les contre-attaque et apporter le danger par les ailes.

Résultat, il y’a moins de nuls (9/48 contre un peu plus d’un tiers en temps normal) et moins de 0-0 (seulement 5), des scores vierges qui ne sont néanmoins pas toujours synonymes d’ennui, comme en témoigne l’excellent Brésil-Mexique du 17.

L’ancien international chilien Ivan Zamorano, est sur cette longueur d’onde et déclarait que « les entraîneurs ont donné le feu vert à leurs attaquants pour pratiquer un jeu ouvert et prendre des risques du point de vue tactique« . Ce qui nous offre, en somme, des scores fleuves et une qualité technique exceptionnelle. Et la capacité des joueurs à jouer totalement libérés n’y est sans doute pas étrangère.

 

La réussite sud-amériaine 

Alors, y-a t’il finalement un effet Brésil dans la façon de jouer ? La « terre du foot » donne t-elle envie aux équipes de se libérer et d’aller de l’avant ? On a envie de dire oui. Et les équipes d’Amérique du Sud y parviennent de forte belle manière.

Il suffit de regarder le pourcentage d’équipes qualifiées par continents pour se rendre compte à quel point ce mondial réussit aux équipes sud-américaines; voire américaines d’une façon plus générale. Dans la zone Conmebol, seule la vaillante équipe équatorienne a plié bagage lors de ce premier tour. A l’inverse, L’Uruguay, le Chili, le Brésil, l’Argentine et surtout la Colombie ont pris rendez-vous en huitièmes.

 

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Un pourcentage exceptionnel de qualifiés (5 équipes sud-américaines sur 6), loin devant les écuries européennes à la peine cette année encore (6 équipes sur 13), qui n’est pas dû au hasard. Poussés par des ambiances exceptionnelles, et typiquement sud-américaines, à défaut de proposer un football totalement plaisant et maitrisé, à l’instar du Brésil ou de L’Uruguay, ils ont pu profiter du soutien magnifique de leur supporteur pour faire la différence. A l’inverse le Chili et la Colombie; ont quant à eux largement séduit par un football total, tourné vers l’attaque et particulièrement technique.

Cette réussite de l’Amérique du sud sera d’ailleurs matérialisée par l’opposition de style assez énorme entre la Colombie et l’Uruguay, qui  joueront leur vie dans la compétition pour une place en quarts. Alléchant, cette opposition entre le collectif brillant de la Colombie, dont le jeu très technique porté sur l’attaque aura fait des merveilles en poules, et la hargne et l’impact physique des Uruguayens, sans leur buteur vedette Suarez, réserve bien des surprises. Ça donne envie…

Et tout ne s’arrête pas là. Le Brésil, qui n’a toujours rassuré personne sur un plan tactique, affrontera les séduisants chiliens, les bourreaux des champions du monde espagnols. Des affiches bien prometteuses, entre 2 équipes au caractère extraordinairement fort. Et si l’on imagine l’Argentine faire le job face à la Suisse, la Coupe du Monde des sud-américains est encore loin d’être finie.

 

Quel pied ! On demande la suite…

Avec 40 buts de plus qu’en 2010, au même stade de la compétition; ce mondial 2014 n’a probablement pas encore délivré toutes ses promesses. Si l’on imagine bien une sensible baisse de la moyenne des buts lors de la phase finale (prolongations et TAB obligent…), on n’imagine quand même pas des équipes euphoriques, au football ouvert, se muter et se transformer en équipe de gestion, avec un football de patience sous prétexte que les prolongations seront là pour leur permettre de faire la différence. Ainsi, l’averse de buts qui s’abat sur la Coupe du Monde depuis le début, le 12 juin, ne devrait pas s’arrêter brusquement.

Alors oui, il y’aura sans doute une légère baisse de réalisations à partir des huitièmes, qui commencent ce soir, en raison de l’enjeu qui s’accentue. Mais les 16èmes de finale, ces rencontres à enjeux, ces finales de groupe comme ont pu l’être Mexique-Croatie (3-1) ou Argentine-Nigéria (3-2), nous ont prouvé que rencontre décisive pouvait facilement rimer avec spectacle et buts en folie.

 

C’est tout le mal que l’on peut souhaiter à ce mondial si intense et si spectaculaire. En tout cas, depuis le début de la compétition, ces rencontres riches en buts et en intensité m’ont rappelé une chose tout simple : ce pourquoi j’aimais le football. Et sincèrement, ce sentiment est quand même fabuleux. Pourvu que ça dure.

 

Tom MASSON 

@MassonTom1

 

2 réflexions sur “Coupe du Monde 2014 : Un mondial (déjà) exceptionnel

  1. Pierre dit :

    J’aime beaucoup ce que tu fais, franchement bravo 😉 Quelques petites fautes d’ortho mais des arguments convaincants !

    • tommasson dit :

      Merci, c’est vraiment très sympa de ta part ! Pour être honnête avec toi, j’ai du finaliser le papier assez rapidement avant les matches du jour. D’où les fautes sans doute. Normalement elles ont été corrigées 🙂

      Mais une nouvelle fois merci pour ton commentaire sympa, n’hésite pas à réagir des que tu le souhaites, les avis sont toujours les bienvenus ! A bientôt.

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