Bulgarie – France : Toujours aussi inquiétant

S’il suffisait de voir le verre à moitié rempli à chaque fois, le football ressemblerait davantage à une ode utopique et optimiste bien éloignée de la réalité. En décrochant 3 points précieux en Bulgarie, la France a assuré l’essentiel arithmétique, certes. Mais c’est à peu près tout. Et même si les éternels insouciants se satisfont d’ores et déjà d’un pareil résultat, la présentation collective n’en reste pas moins inquiétante.

Et pourtant, bien que contraint par de nombreuses blessures (Pogba, Dembélé, Mendy, Kurzawa, Koscielny), Deschamps avait aligné une équipe plutôt séduisante. Ou en tout cas novatrice. Un retour au 4-3-3, certes surprenant, mais pas forcément illogique, et la titularisation dans le 11 de départ de joueurs en pleine bourre comme Lacazette et Tolisso. Deschamps faisait enfin bouger les choses ! Il tentait !

Pour autant, en dépit des joueurs, en dépit des dispositifs, la finalité n’évolue pas et, pire semble régresser. Si le résultat comptable est bien plus précieux que celui obtenu après le raté face au Luxembourg (0-0), le contenu collectif et tactique s’est avéré davantage préoccupant. Chaque match semble marquer le point de départ d’une nouvelle idée tactique, d’un test de plus pour un collectif qui ne parvient toujours pas à réaliser le moindre match référence en vue du prochain mondial. Faudra t-il attendre un échec cuisant en phase de poule pour enfin se rendre compte que l’Equipe de France coure à sa perte depuis de longs mois maintenant…

Contre la Biélorussie mardi, même les éternels satisfaits ne pourront se contenter d’une partition similaire au somnifère insipide de samedi soir

Le milieu français ne parvient toujours pas à imprimer le moindre style, à casser la moindre ligne, et même les mots de Kylian Mbappé, seul joueur pragmatique lors des interviews d’après-matchs, sonnaient fatalistes. En ce qui concerne la défense, Umtiti et Varane ont assuré l’essentiel, mais leur relance, souvent en difficulté, est devenue très hasardeuse avec l’entrée d’un Rabiot inquiétant en sentinelle. La passivité de Didier Deschamps qui, sinon cocher les noms des titulaires 24h avant la rencontre, subit plus qu’il n’agit, atteint des sommets. Son immunité, alors qu’il vient de fêter un record de longévité sur le banc des bleus, est désormais totale.

Alors la France sera, sans le moindre doute, en Russie en juin prochain. Mais avec quelle assurance, quelle crédibilité ? Si le vivier offensif n’a jamais paru aussi garni qu’aujourd’hui, l’Equipe de France n’est pourtant QUE la 16ème attaque de ces éliminatoires européens. 16 petits buts inscrits (dont 1 en deux matchs contre le Luxembourg et la Bulgarie, excusez du peu), alors que l’Allemagne ou l’Espagne, pour ne citer qu’eux, ont respectivement marqué 38 et 35 réalisations… Preuve de plus, s’il en fallait encore, que la situation est bien alarmante.

Il ne reste qu’une dernière marche, une dernière étape à franchir pour réserver ses billets d’avion pour Moscou et s’éviter de passer par les stressants barrages en novembre. Une victoire contre la modeste Biélorussie suffira. Mais, cette fois, même les éternels satisfaits ne pourront se contenter d’une victoire par le plus petit des écarts, encore plus en proposant une partition similaire au somnifère insipide de samedi soir.

Tom MASSON

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